Quand le communautaire s’arrête : un silence qui en dit long
Durant deux semaines, le Québec a vécu au rythme du mouvement « Le communautaire à boutte ». Partout dans la province, des milliers de travailleuses et travailleurs se sont mobilisés, unis par une même réalité : l’épuisement, le manque de ressources et le besoin urgent d’être reconnus à leur juste valeur.
Au Témiscamingue, cette mobilisation a été bien présente à l’échelle régionale et territoriale : plus de 200 personnes se sont rassemblées à Rouyn‑Noranda. Dans la MRC de Témiscamingue, deux mobilisations ont également marqué le territoire : 120 personnes se sont réunies devant l’hôpital à Ville‑Marie et 63 personnes à Témiscaming, en face de l’Association Place au soleil. Des chiffres significatifs pour notre région, des actions qui témoignent d’une solidarité forte au sein du milieu communautaire.



Au Centre des femmes du Témiscamingue, cette mobilisation s’est traduite par une fermeture temporaire de deux semaines. Deux semaines sans accueil, sans activités, sans cet espace sécurisant où tant de femmes trouvent écoute, soutien et réconfort.
Mais au‑delà de la fermeture physique, c’est une réalité plus profonde qui s’est fait ressentir : l’absence d’un lieu essentiel. Pour plusieurs femmes, le Centre n’est pas seulement un service, c’est un point d’ancrage. Un endroit où l’on peut venir déposer ses émotions, briser l’isolement, se sentir comprise sans jugement.
Pendant ces journées de grève, une question s’impose :
Qu’arrive‑t‑il quand ces lieux disparaissent, même temporairement ?
Certaines femmes se sont retrouvées sans repère, sans espace pour parler, sans cette présence humaine qui souvent, fait toute la différence dans des moments difficiles. Cette absence met en lumière une vérité qu’on oublie trop souvent : le communautaire ne comble pas simplement des besoins, il porte des vies.
Et si cette absence devenait permanente ?
Si, faute de financement et de reconnaissance, ces milieux venaient à disparaître ?
Il faut comprendre que derrière chaque porte ouverte, chaque activité offerte, chaque écoute attentive, il y a des femmes engagées, profondément humaines, qui donnent bien plus que leur temps. Elles donnent leur énergie, leur cœur et parfois même une partie d’elles‑mêmes, pour que d’autres femmes se sentent moins seules.
Le mouvement « Le communautaire à boutte » n’est pas seulement une grève. C’est un message. Un appel à reconnaître la valeur immense de ces espaces et de celles qui les font vivre.
Parce qu’au final, soutenir le communautaire, c’est s’assurer que personne ne soit laissé de côté.
Témoignage – “Personnellement, je suis de tout cœur avec le milieu communautaire, parce qu’à mon tour, il m’a donné la chance de militer pour une cause qui me tient profondément à cœur. Il m’a permis de travailler avec des femmes incroyablement inspirantes, fortes et solidaires comme celles qui m’entourent aujourd’hui.
Être à leurs côtés, c’est bien plus qu’un stage ou un travail : c’est une expérience humaine qui m’a permis d’aider d’autres femmes et de me rapprocher chaque jour un peu plus de mon objectif de vie. Aujourd’hui, je suis fière de pouvoir dire que je fais partie, moi aussi, de ce mouvement.” Boutaina Zabouri.


